Virginie Descure cultive le goût de la diatribe contre l’homme contemporain, ses territoires cachés et, ses outrances.

Elle réalise ses créations dans l’affrontement et son travail, expression d’un éternel provisoire, est aux limites d’un art viscéral compulsionnel dans lequel elle interroge les tabous et réfute le conformisme.

Elle s’exprime par des portraits burlesques de l’humanité avec pour accroche l’humour noir, seul bouclier efficient contre les phototypes d’un ordinaire caricatural.

Ses invocations d’une création spontanée et son intérêt pour ce qui est singulier conduisent cette adepte des chemins de traverse à la limite d’une poésie et d’un art brutal.

 

PRÉSENTATION

Effeuillage biographique

Période rose
J’ai quatre ans et je m’exprime déjà, entre deux vagues bretonnes, sur le sable malouin. J’y dessine mes rêves qu’emporte peu à peu la houle de mon adolescence.

Période rouge
Une adolescence difficile, teintée de révolte, où la seule l’éclaircie, dans un manque d’inspiration scolaire, vient de la rencontre avec une inoubliable professeur d’arts plastiques qui dessine les contours de mon avenir

Période blanche
Je prends le Bac et fréquente les Beaux Arts, comme tout le monde. J’apprends beaucoup et je laisse vite derrière moi ce dressage scolaire un tantinet manichéen. Mais les rencontres sont belles, Gromaire, Lamarche Vadel, Corneille…

Période mauve
Les années quatre vingt, c’est la vie à New York. j’en prends plein les mirettes. Je rencontre des artistes loftiens qui se la figurent ou font taches et repeignent le monde à chaque vernissage. C’est l’école de la rue.

Période orange
C’est le voyage en arrière et la naissance du désir ardent de vivre de mon imagination. Une nécessité qui fait foi et passe par le besoin pressant d’expérimenter matières et techniques. Comme j’aime l’odeur de la colle et du papier je me lance dans l’art du collage.

Période noire
La faim est là, quotidienne et inéluctable. Alors, je me laisse emporter par le serpent sournois du travail et de la facilité. Je deviens ensemblière pour la télé et le ciné. Je voyage beaucoup et me nourris de tableaux vivants, conformes évocations du monde.

Période grise
Je rencontre un buste féminin. C’est le retour de mes premières amours et le début d’une longue période d’assemblages. Il me vient alors le désir de faire exister des objets entre eux. Le désir de raconter des histoires tout en constituant mon alphabet pictural et symbolique. Premières exhibitions aux regards étrangers et participation au livre ‘de l’humour dans l’art’ de Yack Rivais. Les thèmes sont alors récurrents et métaphoriques : poupons, crânes, clefs et serrures, robes, le tout sur fond de réflexion sociale.

Période bleue
Des corps, des vêtements, des cendres.... Un long strip-tease pour devenir cette mariée descendant l’escalier de la toile nue. Avec la peinture j’épouse enfin toutes les couleurs, mais surtout le noir, le rouge et le blanc. La peinture, enfin ! Un soulagement dans la douleur et une éternelle remise en cause. J’y vais de mon alphabet. Je pars de rien pour donner figure à mes émotions. Je me laisser habiter par les formes et les matières. Ma peinture est réactive puis méditative et je m’abandonne pour mieux me retrouver, au delà des mots.